Le désenfumage : c'est l'évacuation des fumées des locaux
L’incendie sur les lieux de travail (ERT) et les bâtiments recevant du public (ERP) est un sujet très préoccupant et d’actualité permanente.
Chaque année, des victimes sont à déplorer lors d’incendies d’établissements industriels, commerciaux et de bâtiments d’habitation.
Ces drames sont essentiellement dus à la présence des fumées et gaz chauds générés par l’incendie qui représentent pour les personnes des risques liés à leur température, leur opacité, leur toxicité et l’asphyxie provoquée par leur substitution à l’oxygène.
Dôme de désenfumage en toiture de bâtiment
Le désenfumage remplit trois fonctions essentielles :
- Rendre praticables les cheminements utilisés pour l’évacuation rapide et sûre de tous les occupants et en limitant les risques de panique
- Permettre aux services de secours d’intervenir dans les meilleures conditions possibles afin de porter assistance aux victimes éventuelles et de combattre le foyer
- Limiter la propagation de l’incendie en évacuant vers l’extérieur la chaleur, les gaz et produits imbrûlés. L’objectif est de contribuer à réduire les atteintes thermiques sur les structures du bâtiment. Il diminue également les dommages aux matériels et équipements provoqués par les produits de décomposition.
Le principe d'évacuation des fumées
Essais du désenfumage lors de la commission de sécurité
Deux types de désenfumages existent :
- Le désenfumage naturel : dans ce cas précis, on utilise une des propriétés naturelle des fumées. Les fumées montent verticalement et des évacuations sont placées aux points stratégiques.
- Le désenfumage mécanique, où nous utilisons des groupes d’aspiration pour évacuer les fumées.
Dans les deux cas, le désenfumage consiste en un balayage de l’espace à désenfumer. Le balayage vise à amener un flux d’air frais qui va aider à expulser les fumées vers les évacuations car lors d’un incendie les fumées et gaz chauds montent verticalement vers la toiture et s’y concentrent.
Puis elles longent le plafond tout en se refroidissant à son contact et retombent, le local se trouvant ainsi rapidement rempli de fumées et de gaz chauds dangereux.
Le désenfumage va consister à contrôler les fumées suivant 2 principes :
- Balayage : évacuation des fumées et gaz chauds couplée à une arrivée d’air frais qui va contribuer à abaisser la température du local en feu
- Mise en dépression du local sinistré par l’établissement d’une hiérarchie des pressions avec les locaux adjacents, de façon à s’opposer à la propagation des fumées.
Les fumées peuvent être très opaques : même à quelques centimètres la visibilité peut être totalement nulle.
- L’évacuation des fumées doit être la plus précoce possible et réalisée au plus près du foyer, ce qui régule l’extraction des produits de combustion et limite les risques de propagation. Lorsque les locaux sont totalement enfumés, un système de désenfumage mis en œuvre trop tardivement devient peu opérant
- La vitesse de soufflage et la disposition des exutoires et des amenées d’air doivent être établies de manière à éviter la turbulence et les mouvements désordonnés des fumées. Il faudra également veiller à éviter toute zone non balayée où pourraient s’accumuler des fumées.
La réglementation vis-à-vis du désenfumage
Désenfumage de bâtiments industriels
Les locaux qui doivent être désenfumés :
La surface géométrique d’exutoire à mettre en place sera égale à 1/100e de la surface au sol du local concerné, en vérifiant que cela correspond au minimum à une surface utile d’installation de 1/200e de la surface au sol du local. Les locaux à partir de 2 000 m² seront découpés en cantons de désenfumage d’une superficie maximale de 1 600 m². La longueur d’un canton ne doit pas dépasser 60 m. Quoi qu’il en soit, la surface et le positionnement des exutoires devront être déterminés après l’évaluation du risque incendie dans l’entreprise. Les principaux critères suivants sont à prendre en compte lors de cette évaluation :
- Implantation du bâtiment
- Matériaux constitutifs du bâtiment ou de la toiture (verrière, revêtement bitumeux facilitant la propagation de l’incendie, etc.)
- Hauteur, surface et forme du bâtiment, capacité de réactivité des services de secours
- Type, quantité, réactivité au feu, mode de stockage des matériaux et matériels présents
- Personnel concerné par une évacuation éventuelle (nombre maximum, personnes handicapées, etc.)
Sources : Art. R4216-13 à R4216-16 / Art. R4216-26 et R4216-27 / Art. R4216-29 / Arrêté du 5 août 1992 / Circulaire DRT n°95-07 du 14/04/1955
Installations classées pour la protection de l'environnement ICPE
Le besoin en désenfumage sera fixé par l’arrêté type concerné, mais souvent la surface géométrique correspondra à 2% de la surface utile de l’installation. Les locaux seront découpés en cantons de désenfumage d’une superficie maximale de 1 600 m². La longueur d’un canton ne doit pas dépasser 60 m.
Sources : Code de l’environnement et installations classées pour la protection de l’environnement / Décret n°2007-1467 du 12/10/2007 relatif au livre V de la partie réglementaire du code de l’environnement
Établissement recevant du public ERP
Les locaux qui doivent être désenfumés :
Pour les locaux de moins de 1 000 m², la surface utile d’installation correspondra à 1/200e de la surface au sol.
Pour les locaux de plus de 1 000 m² : la surface utile d’installation sera conforme aux directives de calculs de l’IT 246.
Les locaux à partir de 2 000 m² seront découpés en cantons de désenfumage d’une superficie maximale de 1 600 m². La longueur d’un canton ne doit pas dépasser 60 m.
Sources : Arrêté du 25/06/1980 modifié / Instruction technique ministérielle IT 246 / Instruction technique ministérielle IT 247
Spécialiste de la protection incendie, nous assurons l’installation, la remise en état et la maintenance de systèmes de désenfumage pour les bâtiments industriels, tertiaires, les ERP et les bâtiments d’habitation via les syndics de copropriété.
Les bâtiments à usage d'habitation collectif
L’arrêté du 31 janvier 1986 présente un classement des bâtiments d’habitation suivant quatre familles. Les deux dernières, les familles 3B et 4, concernent les bâtiments importants, où les exigences contre l’incendie sont élevées.
Le désenfumage des circulations horizontales (couloirs) y est imposé. Le désenfumage naturel des escaliers est également préconisé. En ce qui concerne le parc de stationnement couvert, le désenfumage est réglementé pour des surfaces supérieures à 100 m².
Des conseils adaptés à vos besoins
Vous ne savez pas par où commencer ? Vous avez des questions ? Contactez-nous !